![]() |
C'est dans la vallée de la Loire , classée pour ses paysages, son architecture et sa vie typique Patrimoine Mondial de l'UNESCO en 2000, que s'élève l'Abbaye de Fleury, dans le petit village de Saint-Benoît-sur-Loire, à quelques dizaines de kilomètres d'Orléans, dans le Loiret.
L'univers de Fleury, c'est ce pays horizontal ; c'est l'œuvre du plus beau fleuve français, de sa douceur et de ses crues fertiles. C'est ici que Fleury trouve dès le 7ième siècle une paix et une beauté alliant la grandeur de la Nature à l'amour de Dieu. D'où que l'on regarde, de la campagne environnante, se découpe la basilique et sa haute flèche : dans le ciel, dans l'eau, dominant boccages ou maisons. C'est là, dans la majestueuse communion du Divin et du Naturel, que le poète Max Jacob trouva au 20 ième siècle une hygiène de vie, une hygiène morale et spirituelle, propices à nombre de ses écrits. C'est de là qu'il adressait au monde ses illuminations poétiques et spirituelles.
RELIQUES DE SAINT BENOÎT "C'est de fait la grâce de ce lieu d'être le lieu où les reliques de saint Benoît sont conservées depuis une époque très ancienne puisqu'elles ont été apportées ici vers 670 alors que Saint Benoît est mort au Mont Cassin au nord de Naples dans le monastère qu'il avait fondé. Pourquoi ce transfert des reliques en 670 ? Parce qu'à l'époque ce monastère du Mont Cassin, ayant été dévasté par les lombards vers 580 se trouvait vide de sa communauté et du coup le tombeau de saint Benoît était laissé à l'abandon. L'abbé du Monastère de Fleury qui avait placé sa communauté sous la règle de Saint Benoît eut l'idée de ramener ici dans cette communauté vivante les restes de Saint Benoît et depuis le monastère s'est placé sous le patronage de saint Benoît. D'où le nom du village qui s'est créé ensuite autour de Saint-Benoît-sur-Loire." DE FLEURY I A FLEURY IIILa toute première église de Fleury, mérovingienne (que l'on nomme communément « Fleury I », pour Fleury première période), dont on retrouva quelques restes (à la croisée du transept actuel) lors des fouilles de 1923, fut construite à partir de 651, lorsque deux petites communautés qui allaient très vite fusionner s'installèrent à Fleury pour y vivre selon la règle de saintt Benoît. C'était la naissance de l'abbaye de Fleury. 13 siècles d'histoire architecturale, humaine et religieuse nous en sépare. Mais les choses n'ont pas tant changé : les 45 moines qui aujourd'hui gardent ce lieu sacré vivent encore selon la même règle, près de leur saint patron. On ne connaît que peu de choses de Fleury I.
Le pillage de la grande bibliothèque lors des Guerres de Religions, vers 1561, nous laisse à jamais ignorant d'une partie de l'histoire. L'abbaye était alors un centre d'étude réputé, riches de nombreux étudiants. Elle possédait l'une des plus riches bibliothèques de toute la chrétienté. La renommée de ses copistes était immense. Parmi les plus beaux manuscrits carolingiens parvenus jusqu'à nous, on trouve deux bibles, dites de Théodulfe, sorties probablement du scriptorium de Fleury. On trouve aujourd'hui un exemplaire de cette bible en la Cathédrale du Puy-en-Velay.
Et c'est au milieu du 11ième siècle qu'a été entrepris le très gros chantier de Fleury III, telle que nous la connaissons aujourd'hui. En 1004, Gauzlin devient abbé de Fleury. Il s'emploie à continuer l'œuvre de ses prédécesseurs, en faisant respecter les privilèges de sa communauté obtenus auprès du Pape Léon VII au 10ième siècle. Administrateur énergique et mécène fasciné par l'art antique, il ramène d'Italie l'exceptionnel dallage de marbre et de porphyre que l'on installe au cœur du sanctuaire. Dissocié au 17ième siècle par les mauristes pour réaménagement de l'autel, les fouilles de 1958 l'ont heureusement rétabli à son emplacement initial.
Mais plus encore que ce dallage, ce qui fait la notoriété de Saint-Benoît-sur-Loire, c'est sa tour porche, débutée à la demande de Gauzlin vers 1020. Cette célèbre tour, devenue au 12 ième siècle tour-porche, lorsque Fleury III se raccorda à elle, sert aujourd'hui d'entrée à la basilique. A l'époque, la tour était distante de Fleury II, séparée par un paradisus , c'est-à-dire un parvis, d'une trentaine de mètres. L'intention de Gauzlin était d'élever un monument qui fut « un exemple pour toute la Gaule ». Construite en pierre de taille que l'on fit venir par le fleuve depuis Bulcy, près de Nevers, la tour n'était pas encore achevée à la mort de Gauzlin en 1030. Pour la gloire de saint Benoît mais aussi la grandeur politique de l'abbaye, à la suite de la construction de la tour, l'abbé Guillaume fit rebâtir entièrement l'église, un chantier qui débuta vers 1067. 40 ans de travaux pour le nouveau sanctuaire, 130 ans pour l'ensemble de l'église, nef comprise. Cette reconstruction, vers Fleury III, fut vue en grand : la nouvelle voûte du sanctuaire était une des plus larges et plus hautes de France à l'époque. L'élévation à trois niveaux (grandes-arcades, arcature aveugle, fenêtres-hautes) était profondément novatrice. L'originalité de l'édifice réside dans le choix d'une arcature ininterrompue, unissant toutes les parties du sanctuaire, effaçant les dénivellations des grandes-arcades. Mais il convient surtout de souligner l'audace dont notre architecte fit preuve en plaçant au-dessus de cette élévation une voûte en berceau. Comme beaucoup d'architectes de la fin du 11ième siècle, il tenta de repousser les limites techniques. Il prit le risque de fragiliser la construction pour préserver un éclairage abondant, autrefois réservé aux églises charpentées. Ce même goût de la luminosité se retrouve dans le déambulatoire, l'un des plus clairs et des plus aérés de son époque, avec ses vastes bais séparant les chapelles.
Une série de chapiteaux placés aux doubleaux du chœur, au-dessus des reliques de saint Benoît, illustre les miracles du saint et un véritable cycle iconographique se développe, même si les sculptures sont peu visibles du sol. Le 11 juillet 1108, on put enfin consacrer les deux autels du nouveau chœur, le premier dédié à la Vierge et le second, à saint Benoît, dont les reliques sont alors déposées dans la crypte. Après quelque temps d'arrêt des travaux au milieu du 12ième siècle, on se mit à construire la nef, à partir de 1150, en deux campagnes au moins. Fleury poursuit, fervente, sa vie intérieure tout au long des 12ième et 13ième siècles. LA TOUR-PORCHEMalgré la convergence et la précision des textes de mes contemporains, beaucoup de vos historiens ont voulu attribuer la tour porche à une période plus tardive du 11ième siècle. En effet l'extrême qualité de son architecture et la complexité des solutions adoptées ne correspondaient pas à l'idée que vous vous faisiez de l'art de la première moitié du siècle. Toutefois cette vision évolutionniste quelque peu caricaturale a été ensuite remise en question par un certain nombre. Mais il est vrai que notre travail fut fort précoce dans ce qu'il est convenu d'appeler l'art roman et joua un rôle considérable dans la naissance de tout un style. Cette tour marque un vrai tournant architectural. Comme dans la crypte de la cathédrale d'Auxerre ou le chœur de Bernay (édifices sensiblement contemporains), nous avons mis en place des solutions romanes. Toutefois, il ne s'agit pas encore d'un système normalisé. Loin d'être l'expression d'un art mûr, notre recherche de complexité correspond à une phase expérimentale, excessive presque, dans son désir d'animer les parois, de diversifier les masses. Notre architecte n'a pas toujours su résoudre les problèmes nouveaux posés par des supports composés complexes et, de surcroît, diversifiés en fonction de leur emplacement. Aussi les retombées des arcs s'effectuent-elles parfois difficilement. L'architecte a également dû résoudre des problèmes d'implantation presque insolubles, compte tenu de l'écart considérable de dimension entre les piles centrales et celles de l'enveloppe, au rez-de-chaussée du moins.
Imposante par sa masse architecturale, la tour-porche demeure une œuvre unique en son genre. La puissance et l'abondance de ses piliers témoignent de l'ambition du projet. Au rez-de-chaussée, les quatre piles de la partie centrale, dépourvues de socles, divisent l'espace en neuf carrés sensiblement égaux. Ces 9 travées sont délimitées par de grosses piles toutes cantonnées de demi-colonnes. Les faces antérieures, droite et gauche, sont percées, sur les deux niveaux, de trois ouvertures : arcades au rez-de-chaussée, grandes baies enveloppées par des arcs de décharge à l'étage. Le coté est, à l'origine semblable aux autres, a été transformé lorsque la nef de Fleury III rejoignit la tour-porche et s'enfonça en elle : les 3 ouvertures furent transformées en absidioles prises dans l'épaisseur de la maçonnerie. Il est évident qu'à l'origine, lorsque nous construisîmes la tour, son raccordement avec le sanctuaire n'avait nullement était envisagé. Ce n'est qu'au 12 ième siècle que la tour isolée est devenue clocher-porche. La tour est de plan carré, comme beaucoup au Moyen-âge. Elles étaient souvent une image de la Jérusalem céleste ; et ce symbolisme est particulièrement clair ici : comme la ville décrite dans l'Apocalypse au chapitre 21, la tour est de plan carré et chacune de ses faces est percée de trois ouvertures et de 12 portes, image de l'Eglise du Ciel où Dieu sera tout en tous. A cette nouvelle et puissante architecture correspond une nouvelle sculpture monumentale. Le recours systématique aux modèles corinthiens de l'Antiquité pour les chapiteaux ne doit pas leurrer : il ne s'agit que d'un cadre commode, propice à des expériences nouvelles sur le chapiteau historié ou figuré : en effet les proportions de ces ornementations corinthiennes sont plus écrasées que dans l'Antiquité, le schéma plus approximatif. Les chapiteaux historiés de la tour-porche constituent un véritable chef d'œuvres de la sculpture romane. Leur thème principal, l'Apocalypse et ses prophéties, illustre la fonction symbolique de l'architecture. Sur le parvis, le pilier à droite de l'entrée centrale présente trois chapiteaux évoquant des scènes importantes du livre de saint Jean :
1) de face : le Christ glorieux se manifeste à saint Jean prosterné... que l'on voit aussi agenouillé recevant le message qu'il doit envoyer aux sept Églises d'Asie symbolisées par autant de chandeliers. 2) à gauche, l'Agneau immolé debout sur l'autel ouvre le livre aux sept sceaux. Alors, apparaissent les quatre cavaliers porteurs des fléaux qui précèdent la fin des temps. Sous l'autel de l'Agneau, les martyrs qui ont donné leur sang pour le Christ. 3) à droite, des personnages les mains levées présentent au Christ le livre de leur vie. A l'autre extrémité, en haut, dans une tour de la Jérusalem nouvelle, les élus se pressent contre Lui. Au-dessous, séparés du Christ par une muraille crénelée, deux damnés, les mains devant la bouche, émergent de l'étang de feu. Au centre de la tour, se trouvent les deux chapiteaux les plus remarquables. Tout d'abord : la Fuite en Egypte et la persécution d'Hérode d'après l'Evangile selon saint Mathieu. On trouve ici une des dernières traces de polychromie, toute petite trace rescapée du passage à la chaux de l'ensemble de l'édifice vers 1630 par les mauristes. Sur le côté droit du chapiteau la Femme de l'Apocalypse et le combat de Saint Michel contre le dragon, Satan... Enfin, sur le côté gauche, la Vierge en majesté présentant au monde l'Enfant-Roi. Second chapiteau : saint Martin partageant son vêtement avec le pauvre... Au centre, il est élevé au ciel dans la gloire par deux anges. Au volet droit, le dragon est terrassé aux pieds de l'ange à l'encensoir. Mais on voit également sur les chapiteaux pulluler les petites figures ornementales, souvent empruntées au répertoire des manuscrits enluminés. L'édifice est orné d'une magnifique floraison de sculptures dont le style et la composition florale, zoomorphique et iconographique mérite notre admiration. L'artiste qui conçut ce programme sculpté sans équivalent à son époque nous a laissé son nom, gravé sur le tailloir de l'un des chapiteaux de la façade occidentale, à l'entrée de la tour : « UNBERTUS ME FECIT, Unbertus m'a fait ». Mais là-dessus chacun a son avis. LES FRISES DU CÔTE NORDLe côté gauche de la tour offre l'un des premiers essais de programme de façade dans cette partie de la France , avec une série de plaques sculptées disposées en frises. La principale de ces plaques représente la lapidation de saint Etienne, qui constituera l'un des thèmes majeurs des portails romans. Riche, novateur, cet ensemble de sculptures devait connaître un immense succès, tout au long du 11 ième siècle, dans la vallée de la Loire , le Berry et même le Poitou et la Normandie.
LE PORTAIL NORDLe splendide tympan de l'entrée nord de la Basilique , qui jusqu'au raccordement de Fleury III avec la tour-porche était l'entrée du sanctuaire, a également été restauré en 1996. S'il est difficile du fait du mauvais état des statues-colonnes représentant les saints de l'Ancien Testament de juger de leur style, il n'en est pas de même pour le tympan et, surtout, le linteau, qui constitue l'un des chefs-d'œuvre de l'art de cette époque.
Au tympan, le Christ, en majesté, enseignant sur son trône, est entouré des quatre évangélistes. En haut, saint Jean à droite et saint Matthieu à gauche tournent leur visage vers le Seigneur. Au contraire, les deux évangélistes du bas, qui n'ont pas connu le Christ, saint Marc à gauche et saint Luc à droite, tendent l'oreille, en fronçant le sourcil. Au dessus de chaque évangéliste, le symbole qui lui est généralement attribué : Matthieu : une figure d'homme, Marc : un lion, Jean : un aigle, Luc : un taureau. Des anges occupent les voussures inférieures, vêtus de robes aux plis soignés. Dans la voussure supérieure on retrouve les autres apôtres, assis sur le trône promis par le Seigneur, tenant leur emblème à la main. On reconnaît saint Pierre tenant ses clés, en bas à gauche. Au linteau se déroule l'histoire de la translation des reliques de saint Benoît, du Mont-Cassin à Fleury. HISTOIRE MODERNEC'est la Guerre de Cent Ans qui va lui porter un premier coup. Incendié en 1359, victime en 1363 et 1369 des Grandes Compagnies, on ne compte plus que 24 religieux à la fin du siècle. Mais les Guerres de Religion furent encore plus désastreuses pour Fleury. En 1561, l'abbé commendataire (qui n'est plus moine depuis le siècle dernier) passa à la Réforme ; l'année suivante, ses officiers se font remettre tous les objets de valeur et laissent le reste au pillage de leurs soldats. La précieuse bibliothèque fut en partie dispersée et beaucoup de manuscrits vendus ou brûlés. En 1590, on ne trouve plus que 5 moines à Fleury ! En août 1621, le futur Cardinal de Richelieu devint commendataire de Saint-Benoît. Il songe alors aux moyens de réformer son abbaye et en 1627, un concordat fut signé entre la Congrégation de Saint-Maur et les anciens religieux de Saint-Benoît. La communauté augmenta et se mit à l'œuvre de restauration. L'église fut blanchie à la chaux ; ainsi disparurent les derniers vestiges des peintures romanes qui couvraient les murs et dont quelques traces sont encore visibles aux chapelles du transept nord ou sur les parois du déambulatoire. Puis en 1642 un nouvel autel remplaça le vieil autel matutinal consacré en 1108. En même temps l'autel majeur Renaissance élevé par le Cardinal Duprat au 15è s fut repoussé de 15 pieds et haussé de deux marches ; il en résulta une première dissociation du dallage. En 1657, la Congrégation de Saint-Maur décida de construire un retable, dit mausolée, où une nouvelle chasse contenant les reliques de saint Benoît serait bien mise en valeur. En pierre blanche d'Apremont, orné de plaques de marbre noir, sculpté par Antoine Charpentier de Tours, le monument occupait entièrement le fond de l'abside romane et s'élevait jusqu'aux fenêtres hautes, les cachant en partie. Son poids avait obligé à étayer sérieusement la crypte. L'ensemble resta en place jusqu'en 1861. La moitié supérieure se trouve aujourd'hui dans le transept sud, transformé en monument aux morts de la Grande Guerre. Pour monter au nouvel autel, on déplaça le dallage et établit un second et troisième palier. C'est la disposition que l'on a pu voir jusqu'en 1958 avant les travaux qui rétablirent ce magnifique pavement dans sa situation primitive, au moins pour l'essentiel. On démolit en 1778 le jubé élevé au 16ième siècle par Etienne Poncher et on construit une tribune d'orgue au fond de la nef en style classique. Les prieurs mauristes décidèrent en 1712 de remplacer le vieux logis du monastère par une construction plus dans le goût du jour. Plus tard, on compléta les travaux par une autre ailé dans le prolongement du transept sud de la basilique, perpendiculaire à la première où l'on installa chapitre et sacristie. La construction était achevée en 1731. Les Mauristes reconstituent progressivement la bibliothèque ; on comptait 500 volumes en 1790, lorsque ce fond fut transféré par les révolutionnaires à la bibliothèque municipale d'Orléans. En mai 1790, le maire de Saint-Benoît, après la suppression des Ordres religieux, dressa l'inventaire des biens de l'abbaye ; les religieux retournèrent dans leur famille. En 1796, tous les biens monastiques étaient aliénés et le monastère fut entièrement détruit pour en revendre les pierres. De l'ensemble, il ne reste qu'un plan et une vue cavalière dessinés en 1795. L'église abbatiale, revendiquée par la commune pour devenir paroissiale, fut heureusement sauvée et demeura le seul témoin de tant de siècles de prière et de travail. Elle fut classée par les Monuments historiques dès 1838, sa restauration dura jusqu'au début du 19 è siècle. En ce qui concerne les reliques de saint Benoît, un paroissien, Simon Gaudry, les cacha dans le grenier de sa maison… jusqu'au retour des moines… en 1891, avec un petit monastère édifié près de la basilique sur un tout petit terrain qui empêche la restauration véritable du monastère. En 1946, la communauté bénédictine est érigée en prieuré. Ce n'est qu'en 1944 qu'un vrai groupe de moine (14) s'installe à Fleury. En 1959, la dernière tranche de reconstruction de l'abbaye est achevée et le Père abbé Marie-Louis peut enfin réaliser dans la paix l'aggiornamento post-conciliaire. © Rodolphe Viémont, Soleil Cherche Futur 2008 (Toute reproduction du texte et des photos est strictement interdite sans authorisation des ayant-droits).
|